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Investing in Aboriginal Relations Can Be Very Profitable

An effective approach with Aboriginal communities goes beyond the general principles of good public relations. When specifically tailored and adapted to the Aboriginal group involved, an early and innovative intervention has conferred multiple benefits – sometimes unpredictable initially – to companies that have taken on the challenge. These include costs savings through having supported the development of an available local and qualified workforce; smoother operations and reduced operating costs by helping the expansion of local entrepreneurship; and, for example, access to strategic knowledge of conditions on the ground impacting operations. Ultimately, this type of approach also benefits the community, the region, governments and society as a whole – and enables Aboriginal communities to develop and integrate into Canadian society while maintaining their own distinctive identity. (Blog posting is in French)

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L’investissement dans les peuples et les communautés autochtones peut rapporter gros aux entreprises canadiennes. C’est ce que conclut  la Chambre de commerce du Canada dans un rapport publié le 17 décembre dernier. Principalement dirigé vers le gouvernement fédéral dans ses recommandations, le rapport met également en lumière les avantages compétitifs que peuvent tirer les entreprises d’un tel investissement.

En effet, la Constitution, les jugements et les lois confèrent aux gouvernements l’obligation de consulter les communautés autochtones sur tout grand projet dans leur réserve ou sur leurs terres ancestrales. Mais le rôle proactif que peuvent jouer les entreprises ne doit pas être escompté.

Certaines entreprises peuvent baisser les bras devant la complexité d’une telle approche, surtout quand les bénéfices peuvent sembler minimes comparés aux ressources investies. Toutefois, la solution « simple » de les inclure dans les consultations habituelles (parfois à une étape avancée d’un projet) donne souvent lieu à des conflits dont l’entreprise ne comprend pas les causes réelles et dont elle sous-estime les impacts. 

Œuvrant depuis plus de 10 ans auprès des Autochtones, j’ai vu trop de conflits qui auraient facilement pu être évités. Bien sûr, appliquer les principes généraux de bonnes relations publiques – comme, justement, une communication continue avec les parties prenantes locales même avant le lancement d’un projet – est toujours bénéfique. L’approche avec les communautés Autochtones va au-delà même : pour être efficace, elle doit être taillée sur mesure, en fonction du groupe autochtone concerné, Première Nation, Métis ou Inuit, et, surtout, élaborée de façon innovatrice, parfois audacieuse. Bref, cela prend une approche sui generis, « de son propre genre ». Ce terme est d’ailleurs régulièrement utilisé par la Cour suprême du Canada dans ses décisions sur des questions de droit autochtone.

L’enjeu de taille soulevé par le rapport de la Chambre de Commerce du Canada est l’amélioration du niveau de scolarité et de la participation à la main-d’œuvre des Autochtones pour pallier au manque de main-d’œuvre qualifiée au pays, une des entraves majeures à la compétitivité nationale. Le rapport met en valeur des exemples de partenariats réussis entre les entreprises, les communautés autochtones et les différents paliers de gouvernement et confirme la nécessité de déployer des stratégies spécifiques et adaptées aux communautés autochtones. À cet égard, une intervention précoce et novatrice auprès des communautés a conféré de nombreux bénéfices, parfois imprévisibles au départ, aux entreprises qui en ont fait le pari.

Au premier plan, notons qu’une intervention à moyen et long terme permet de former les travailleurs locaux requis pour le projet à l’avance. Lorsque Vale (alors Inco) a débuté la planification de sa mine à ciel ouvert à Voisey’s Bay, elle devait embaucher des Innus et Inuits de la région pour respecter son entente avec les communautés mais aussi pour diminuer les frais associés au transport d’une main-d’œuvre qualifiée de l’extérieur de la région. Ayant obtenu un financement pour donner aux Innus et aux Inuits l’équivalent d’une 12e année, Vale a développé un programme de formation spécifique indépendamment reconnu. Le résultat? Plus de 1 000 Innus et Inuits ont reçu la formation, donnant lieu à une main-d’œuvre prête à l’emploi lorsque la mine a ouvert ses portes en 2005. Le pourcentage d’employés autochtones a même atteint un sommet de 55% avant que certains d’entre eux soient attirés vers d’autres emplois spécialisés dans des projets de la région.

De la même façon, un appui à l’entrepreneuriat au sein de la communauté locale permet de maximiser les achats locaux et de réduire les frais d’exploitation.  Syncrude a découvert la  logique de traiter avec les petites entreprises locales : la plupart d’entre elles ont une main-d’œuvre locale et n’ont pas ainsi à assumer les frais additionnels pour le transport aérien des travailleurs.

L’implication des communautés autochtones locales donne lieu à des avantages parfois imprévisibles. RioTinto a engagé la participation des collectivités locales et des Autochtones dès le début de la planification de sa mine de diamants Diavik dans les Territoires du Nord-Ouest. S’appuyant sur les conseils des Autochtones, qui connaissaient mieux les conditions du terrain que quiconque, l’entreprise a changé l’emplacement de la mine, dont la production a démarré en 2003, pour minimiser l’accumulation de neige dans le camp.

Ces exemples ne représentent que la pointe de l’iceberg de ce qui peut être accompli en pensant et agissant autrement. Ultimement, ce n’est pas seulement l’entreprise qui en tire profit mais la communauté, la région, les gouvernements et l’ensemble de la société. Car, plus il y aura de réussites en ce domaine, plus les communautés autochtones pourront se développer et s’intégrer à la société canadienne tout en conservant leur propre identité distinctive… sui generis