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A Mine in Exchange for an Arena

Pour le commun des mortels, Schefferville fait partie du passé, une ville fermée en 1982 lorsque la compagnie minière Iron Ore Company (IOC) a cessé ses opérations. Il semblait alors tout à fait normal de fermer cette ville qui avait été créée spécifiquement pour répondre aux besoins de main-d’œuvre d’IOC qui y a exploité plusieurs mines à partir de 1954. En fermant la ville, les autorités ont aussi procédé à la démolition des tous les bâtiments, incluant l’hôpital, la station de ski, la piscine et l’aréna, en oubliant totalement les quelque 150 Autochtones (de la Première Nation innue) qui y vivaient.

La petite communauté autochtone s’est mobilisée afin de sauver de la démolition les maisons et autres bâtiments qu’ils pouvaient utiliser. « L’aréna a été sauvé grâce aux mamans et aux enfants qui avaient encerclé le bâtiment avant que le bulldozer l’écrase », a raconté le Chef Réal McKenzie dans une entrevue accordée récemment au journal La Presse (« Schefferville : l’aréna rouvre 30 ans plus tard »).

Pendant les 30 dernières années, les Innus ont pris possession de ce qui reste de la ville de Schefferville et ont entretenu tant bien que mal les immeubles sauvés, dont l’aréna, inutilisable mais qui avait valeur de symbole pour cette petite communauté au prise avec de grands problèmes sociaux: suicide, drogue, violence, dépendance aux jeux de hasard…

Pas d’aréna, pas de mine!

Quand, récemment, les compagnies se sont mises à s’intéresser de nouveau au potentiel minier de cette région nordique, les Innus ont imposé leurs conditions : au-delà des éléments habituels que l’on retrouve dans les Ententes de répercussions et d’avantages (ERA), comme les emplois garantis, la préférence des contrats, la formation, etc., les Innus de Schefferville (Matimekosh-Lac John) ont insisté pour ajouter la réfection de l’aréna.

C’est ainsi que les entreprises Tata Steel et Labrador Iron Mines (LIM) ont contribué au financement nécessaire pour mettre à neuf l’aréna qui rouvrira prochainement ses portes en présence d’anciens joueurs du Canadien de Montréal et de la mascotte de l’équipe, Youppi.

Reconnaissant la valeur de l’aréna pour la communauté, les entreprises ont ainsi posé un geste inhabituel, voire audacieux, permettant d’établir et d’assurer une bonne relation avec la communauté. Il s’agit là d’une nouvelle approche en matière d’entente avec les Autochtones qui permet d’assurer un partenariat mutuellement bénéfique.